sociologie americaine + chigag

LA SOCIOLOGIE AMERICAINE

 

YALE - 1876                                                        1895: 1ere REVUE American Journal of Sociology

CHICAGO - 1892                                              1905: « American Sociological Association »

COLUMBIA (New York) - 1894

ATLANTA - 1897

HARVARD (Boston) - 1930

 

- William G Sumner (1840 - 1910) = “Folkways” (1906)

- Charles H Cooley (1864 - 1929)         

-  Georges H Mead (1863 - 1931)         = micro-sociologie

- William B DU BOIS (1868 - 1963) “the Philadelphia Negro” (1899)

 

Introduction

 

Question raciale et ethnique = grande question de la sociologie américaine.

Sumner, à Yale, est le premier à donner un cours de socio aux USA et ‘’folkways’’ est le premier ouvrage sociologique.

Sociologie applicable.

Année 1919 : émeutes raciales.

La question raciale va se poser souvent chez les sociologues.

Années 20 : la sociologie américaine est professionnalisée, les travailleurs sociaux apparaissent.

Elle est plus pragmatique, appliquée, elle sert à résoudre la pauvreté, la criminalité, elle est liée au contexte : croissance économique soudaine et industrialisation beaucoup plus rapide.

 

La condition des noirs aux USA suite à la fin de la guerre de Sécession et de l’esclavage.

 

Elle apporte donc solutions rapides et pratiques.

 

Mythe du melting pot et de la fusion des différences.

 

La socio française se pose la question du système social en lui-même, du projet d’une nouvelle société, alors qu’aux USA on a la question de l’amélioration de ce système social, la vision micro sociologique, la relation à l’intérieur de la société.

Une perspective mélioriste : diagnostiquer les problèmes du système social pour les résoudre, il faut réformer mais pas transformer.

Le fait que les sociologues américains adhèrent à cette idée s’explique aussi par le fait que les premiers d’entre eux, ont des liens étroits avec la religion protestante : soit ils étaient fils de pasteur soit très croyants.

Instruction civique est orientée vers l’action, l’amélioration des relations entre les êtres humains.

 

 

I_ William Sumner

 

Il donne le premier cours de sociologie en 1906.

Il publie un seul livre qui a eu un certain succès.

C’est un pilier fondateur de la sociologie américaine qui garde une certaine actualité.

« Folkways » est le travail le plus influent de l’époque aux USA, s’il peut paraitre relativement dépassé à cause de son cadrage théorique global, il reste actuel pour deux raison :

D’abord Sumner parle de mœurs et de coutumes dans différentes cultures anciennes et modernes : la façon dont elles sont présentées dans cet ouvrage donne un caractère très actuel. La sociologie doit se placer comme étant la science des mœurs et des coutumes.

 

En quoi consiste cette science ?

Elle doit souligner le caractère relatif et conventionnel.

 

La deuxième raison pour laquelle ce livre garde un intérêt est grâce à l’introduction des concepts en leur donnant des clés encore opérantes aujourd’hui (ethnocentrisme, distinction IN group et OUT group).

 

Caractère conventionnel des mœurs et des coutumes : la morale n’est jamais absolue, les codes moraux sont toujours historiques et institutionnels, les règles de morales sont des normes sociales (ce sont des conventions variables selon les sociétés et les époques). Il n’y a aucun critère universel, ce qui est juste ou vrai est toujours relatif à une culture. Les mœurs peuvent rendre quoi que ce soit juste ou vrai.

Il va prendre des exemples en s’inspirant de nombreux faits historiques, notamment le cannibalisme, l’infanticide, le meurtre des vieillards, l’inceste, l’esclavage, la torture qui sont maintenant condamnés par nos propres mœurs, et qui ont été autrefois tenus pour moralement justes.

Les mœurs définissent ce qui est bien et ce qui est mal.

 

Le seul problème dans cette théorie, c’est la façon dont ses mœurs évoluent. Comment ?

Les mœurs s’adaptent en fonction des progrès de la civilisation, elles sont assez rigides pour se conformer aux évolutions de la société.

Distinction entre IN et OUT group :        - IN, même méthode de vie, même croyances même mœurs …

                                                               - OUT, méfiance, hostile, ne partage pas les

Croyances.

 

Identité réversible.

 

Rapport à Simmel : liaison et conflit sont liés, l’hostilité envers les autres est facteur de liaison interne.

 

L’ethnocentrisme peut conduire au racisme mais il ne faut pas confondre les deux notions.

Le sport permet de détester ses voisins (ethnocentrisme serait-il réglé ?)

L’ethnocentrisme est à la fois le refus de la diversité des cultures et le prix à payer pour que les cultures se conservent en s’opposant aux autres.

Cela semble être une attitude universelle.

Exemple : « mangeurs de cochons, incirconcis, vermine, singe de Terre… », tous ces termes évoquent le monde animal en opposition à l’humanité, les mots choisis nous renseignent sur les mœurs, les coutumes, les normes (aussi bien les nôtres que celles des autres).

C’est pour maintenir leurs différences et préserver leur originalité respective qu’ils ont les mêmes pratiques, le même style de supporteurisme par exemple.

Si l’ethnocentrisme est à la racine des différentes formes de racisme et de xénophobie, il n’est pas en lui-même suffisant pour être rallier au racisme et à la xénophobie.

S’il est observable partout dans le monde, il serait peut-être préférable de trouver les moyens de le réguler plutôt que de nier. Le problème est de risquer de voir l’ethnocentrisme se développer de façon encore moins contrôlable (racisme).

 

Le sport pourrait réguler l’ethnocentrisme : il amène les gens à se détester le temps du match et donc permet de canaliser l’ethnocentrisme. Encore faut-il s’entendre sur des règles acceptables par tous !

 

Serait-il possible de parler de sociocentrisme, de la culture bourgeoise ou ouvrière par exemple ?

Ou encore l’ethnocentrisme entre les différents styles de groupes, ou différents styles musicaux…

Ou encore aux territoires urbains, aux différents quartiers qui composent une ville par exemple.

Le but de la compétition entre différents groupes sociaux n’est pas de détruire l’autre mais plutôt d’affirmer sa propre identité et sa propre cohésion. On a besoin de l’adversaire.

 

 

II_ Cooley et Mead

 

Leurs travaux vont porter sur la question de la personnalité (le moi).

L’individu n’existe que par la société, mais la société n’existe que par les individus.

Ils sont nés ensemble.

La personnalité (le self) se constitue dans ses relations avec autrui. L’individu n’est pas d’abord individuel puis social mais d’emblée social.

Le moi n’a de sens que par rapport à un « tu », à un « nous », un « vous », un « ils » bref aux autres. C’est à partir de là qu’ils en viennent à la notion de looking-glass self : « l’image que je me fais de moi se construit devant un miroir. Miroir qui est le regard des autres, mais je construis aussi l’image que je me fais de moi-même avec l’idée que je me fais de ce regard porté sur moi en fonction du regard des autres, de l’image qu’ils se font de moi. Mais surtout de l’image que je veux qu’ils aient de moi, que je construis ma propre identité ».

Si je me construis à travers le regard des autres, ce processus est réversible. Je façonne aussi les autres.

Mead parlera d’ « autrui généralisé ». Nous portons la société en nous, nous sommes un miroir social pour les autres mais ils sont un miroir social pour nous. À travers le regard des autres je cherche une image valorisante de moi-même.

 

III_ Du Bois

 

Premier sociologue noir américain.

Pas considéré comme tel de son vivant.

Années 60 : considéré comme un précurseur de la sociologie américaine, il fait une critique de la société américaine envers le regard de la sociologie blanche.

Sociologie empirique.

Africain par sa mère, son père été un mulâtre (métisse) provenant d’une famille de protestants français émigrée en Amérique au 17ème siècle.

« Sang noir et racines blanches mais dieu merci pas anglo-saxonnes ».

Il vit dans le sud du Massachussetts.

A cette époque les noirs ne doivent pas fréquenter les mêmes écoles que les blancs : ségrégation légale (de droit).

Ségrégation de faits : communautés racistes + injures quotidiennes.

Education très protestante, qui va lui forger une personnalité très différente comparée aux autres noirs du sud de l’époque.

Fréquente le FISK, un des seuls noirs admis sur le campus de l’université.  

Il fait ensuite un voyage initiatique en Europe (Allemagne, Berlin).

A son retour, il est sans doute le premier noir avec un tel diplôme, il dit avoir conscience d’être la réfutation vivante des blancs considérant les noirs comme une sous race.

Il va se tourner vers la science sociale : il était persuadé qu’une meilleure connaissance de la société aller conduire à la solution au racisme dans la société américaine.

 

Il va se tourner vers la sociologie basée sur la collecte des faits (empirique, qui étudie les groupes sociaux réels).

En 1896 avec l’université de Pennsylvanie, il entreprend des travaux à Philadelphie (où se trouve la plus grande communauté noire du nord des USA). C’est la première fois que cela est réalisé aux Etats unis.

Il choisit comme terrain de recherche principal le ghetto noir dans lequel vit 1/5 de la population  noire de la ville. Il s’y installe car il privilégie comme méthode l’observation directe et prolongée. Il l’appelle l’« observation participante ».

Il ne se prive pas pour se moquer gentiment de ses collègues qu’il appelle des Car-Windows sociologics.

Son étude va se heurter à l’incompréhension des blancs et de ses collègues qui jugent cette enquête sans intérêt. Mais aussi aux noirs du quartier qu’il va étudier, en effet ils sont choqués d’être pris comme objet d’étude, comme une espèce étrange. De plus ils ne supportent pas d’être étudier par un noir étranger.

Cette expérience lui fera comprendre qu’ « il ne suffit pas d’être né au sein d’un groupe pour en avoir une pleine connaissance ».

Il va réaliser plus de 500 interviews (ce qui est révolutionnaire), il va rassembler des données sur l’emploi, le revenu, la stratification social, la politique …

Il va tirer de toutes ces données un tableau de la communauté noire, de ses mécanismes de défense, de survie, les problèmes sociaux…

 

Il est l’un des seuls à réfuter la thèse du darwinisme social.

Il ne met plus en avant les faits biologiques mais les faits sociaux et historiques.

Il va proposer des réponses en fonction de l’environnement dans lesquels les problèmes se développent.

-          Environnement physique : urbain.

-          Environnement social : style de vie norme coutumes mœurs.

 

Principe de contextualisation

Dans la conclusion de son ouvrage, il se voit quitter sa casquette de sociologue et formule quelques propositions de réformes sociales : c’est un devoir pour les blancs de mettre fin à la discrimination, il critique aussi les noirs, notamment la classe supérieure noire qu’il appelle à collaborer avec les blancs plutôt qu’à fuir leurs origines.

Ceci est la première enquête sociologique effectuée en Amérique.

Il obtient un poste a Atlanta en 1897, ses plans n’aboutiront pas de son vivant. Ce n’est qu’à partir de 1919 et les émeutes raciales de Chicago que la question noire va être considérée comme importante dans la communauté américaine.

Il quitte dès 1910 ses fonctions à Atlanta et se tourne complétement vers le militantisme, il aide à la création de la NAACP puis en sera président, son successeur sera Martin Luther King.

En 1933, il revient et dirige le département de sociologie. Pourtant il ne prône pas un retour à la sociologie objective. Pour lui, science et politique sont liées maintenant.

Il va adhérer au PC US.

Il va mourir au Ghana le 27 aout 1863, la veille du discours de Martin Luther King.

 

 


 

L’école de Chicago

 

- Albion W Small (1854 - 1926)= FONDATEUR

- William I Thomas (1863 - 1947)= “la définition de la situation”

- Robert E. Park (1864 - 1944) = THE CITY (1915) : écologie urbaine et cycle de relations ethniques

- Erving Goffman (1922 - 1982) = ASILES (1961) + LA SOCIETE COMME THEATRE

- Howard S Becker (1928 - aujourd’hui) = OUTSIDERS (1963)

 

Les débuts de l’école de 1892 jusqu’aux années 30 :

Small : fondateur du département, pas rôle de penseur, par contre architecte de l’école de Chicago, leader de l’école.

Thomas : premier à avoir conceptualiser un certain nombre de notions qui vont rester durant toute cette période, leader théorique.

Park : successeur quand Thomas se fait renvoyer pour une affaire de mœurs (DSK LOL), rôle important également.

 

I_ Small

 

Il commence ses études aux USA, puis séjour en Allemagne, à Berlin où il rencontre Simmel, ce qui est décisif dans sa formation intellectuelle.

Il revient aux USA et termine son doctorat d’Histoire en 1889.

Il devient prof à l’université pendant 2-3 ans, il parle de la sociologie allemande.

Il en profite aussi pour rédiger un manuel pour étudiant qui regroupe des textes de sociologues français, allemands et des commentaires : c’est le  premier manuel de sociologie (text-book) rédigé en 1890, « Introduction à la sociologie » lu par tous les étudiants en sociologie aux USA.

Dans son livre il offre une large place à Simmel.

Chez ses futurs étudiants, l’orientation Simmelienne est très marquée : l’objet de la sociologie s’est les interactions entre les individus.

 

En 1892, il est sollicité par le président de l’université de Chicago pour fonder le département de sociologie/anthropologie (sur un domaine culturel et biologique) mais aussi pour le diriger.

Directeur jusqu’en 1920.

Il va non seulement fonder ce département mais également la première revue de sociologie (AMOS) au monde.

Co-fondateur de l’association de sociologie américaine.

Il établit un lien entre sa revue et les activités de l’association.

Cette situation est politiquement intéressante.

Dans ses cours, il fait passer des messages, non seulement il initie beaucoup d’étudiant à Simmel.

Mais surtout il pousse et encourage ses étudiants à faire de la recherche active sur le terrain.

 

Il propose à ses collègues de prendre comme objet de recherche la ville de Chicago.

La sociologie urbaine n’existe pas encore à cette époque.

La ville de Chicago va l’inventer : un outil de recherche original avec une mode d’investigation nouvelle. Choix payant.

 

Il sera le premier à travailler de façon collective sur la question noire et des autres communautés. Sociologie des gangs, marginaux, sdf : c’est le premier à réaliser cela.

Il est assez curieux et n’a pas d’idées théoriques. Mais il a la démarche empirique.

Beaucoup de travaux sont réalisés sur les clubs, les bars…

Les étudiants sont libres, c’est la raison du succès du département.

Ils avaient de l’avance sur les autres sur la question raciale (émeutes de Chicago).

Il forme les étudiants pour la recherche mais aussi pour le travail social auprès de ces communautés.

 

II_ Thomas

 

Il est l’un des premiers élèves du département.

Il va devenir rapidement enseignant au sein du département.

1ère génération des sociologues de terrain.

Il est encouragé par Small.

Il va faire sortir la sociologie des bureaux et des bibliothèques.

Il est surtout connu pour son étude sur les polonais de Chicago.

Il conceptualise la démarche empirique de Chicago.

 

« Paysan polonais » publié en 1918 (enfin pas publié tout de suite), joue un rôle du point de vue théorique.

 

Père fondateur de la sociologie de Chicago.

 

« Sex and Society » (1907) il se penche sur un stéréotype de la biologie darwiniste, qui pousse à penser que les femmes et noirs sont des sous-races.

Question de l’infériorité naturelle des femmes qui serait un « intermédiaire entre l’enfant et l’homme car morphologiquement moins développées ».

Il abandonne progressivement ces idées biologistes et va dire que c’est faux sur le plan intellectuel.

Il fait preuve d’un féminisme assez avant-gardiste, et se pose la question :

En conditions sociales égales si les femmes seraient-elles plus intelligentes que les hommes ?

« Le plus haut degré de civilisation serait atteint lorsque l’intelligence des hommes s’additionnerait à celle des femmes ».

Il aura le même discours sur la communauté noire (raison historique).

Thomas finira par conclure que l’infériorité sociale s’explique par des facteurs historiques et non biologique.

 

La position qu’il va tenir dans cet ouvrage va le mettre en danger. Il reçoit des lettres de plaintes. Small aussi.

On l’accuse d’attaquer le système social de l’Amérique car il prend parti des noirs et des femmes.

 

La sociologie est bien une science qui dérange quelques soit le pays.

 

En 1908 malgré sa réputation d’anticonformiste, il obtient le financement pour des recherches sur les polonais. Au début, il pense qu’il va planifier son enquête sur l’ethnographie (comme Du bois, se fondre dans la masse…).

Mais Thomas ne parle pas polonais. Il apprend donc au fil de l’enquête, pour en Pologne et poursuivre son enquête.

Mais là, va se produire un incident. Il se balade dans le quartier polonais et un sac poubelle lui tombe presque dessus.

Il a donc l’idée de fouiller dedans, il trouve un paquet de lettres écrites en polonais. Il les déchiffre et comprend qu’il s’agit d’une correspondance entre un père et sa fille.

Il va passer une annonce dans un journal polonais : « échange de lettre contre de l’argent ». Il obtiendra 754 lettres, ce qui lui permet de disposer de données très intéressantes.

De cela,  il va en inventer une nouvelle méthodologie : l’histoire de la vie par utilisation de documents personnels.

Il va conceptualiser un peu cette démarche en lui donnant une assise théorique.  Du point de vue de la méthode il faut disposer d’un matériel de première main, en l’occurrence pour Thomas, il s’agit de récits de vie.

Il va penser que l’objet véritable de la sociologie c’est de retranscrire le point de vue des acteurs eux même.

« La définition de leur situation », comment les immigrants polonais définissent leur situation aux usa.

Cette méthode prendra le nom de « Théorème de Thomas » plus tard.

 

« Quand les hommes définissent des situations comme réelles elles sont réelles dans leurs conséquences »

Il faut partir du point de vue des acteurs pour faire de la sociologie.

On est beaucoup plus proche de la démarche de Weber (sociologie compréhensive) que celle de Durkheim.

Les croyances sont peut-être erronées mais ont des conséquences réelles.

Par exemple : les différentes races humaines.

On va systématiquement partir du point de vue des acteurs pour expliquer la réalité sociale à Chicago.

 

La fin de sa carrière : au moment où paraissent les deux premiers volumes du « paysan polonais », une histoire de mœurs éclate.

Il mène une vie assez sympathique, grand séducteur, fréquente à la fois les beaux restaurants et les quartiers pourris. Il a une femme qui est militante dans une association écologiste (Greenpeace).

Un jour alors qu’il se trouve avec une autre femme, la police l’arrête pour adultère et balance tout à la presse.

Le président de l’université de Chicago le licencie.

 

En raison de ses idées fortes avancées, assez pour le considérer comme un gauchiste, un ennemi de l’Amérique, s’ajoute à cela son caractère, connu pour être un séducteur, ce qui déclencha beaucoup d’animosité envers ses confrères.

Le Chicago Tribune annonce son arrestation par le FBI, inculpé pour avoir conduit dans un hôtel à des fins immorales une femme mariée à un militaire pour des manœuvres et fausse informations pour le nom sur le registre d’identité.

On a effacé toutes traces de sa présence des 20 dernières années.

Personne n’a pu pour autant empêcher le rayonnement de ses idées.

Exemples :          - banque, si tous les clients pour une raison ou une autre se mette à définir la situation de cette banque comme étant proche de la banqueroute, ils peuvent se mettre à reprendre leur argent et mettre la banque en situation de banqueroute réelle.

-si les instituteurs représentent certains groupes d’élèves comme a priori en difficultés, cette idée « raciste » pourrait mettre le groupe en situation d’échec scolaire.

 

III_ Park

 

Il remplace Thomas.

Ancien journaliste.

Il commence sa carrière d’enseignant vers 1910.

Il a fait ses études à l’université du Michigan, puis les finit en Allemagne. Où il suit les cours de Simmel.

A son retour, il préfère se lancer dans le journalisme.

Quand il revient en tant qu’enseignant, il ne voit pas forcément de différence entre sociologue et reporter mais avec quelques nuances : le sociologue rapporter les faits les plus précis possibles tandis que le journaliste a le droit à l’erreur.

Mais aussi il doit observer une attitude détachée par rapport au journaliste, « le détachement est le secret de l’attitude académique ».

« Le chercheur reste un étranger dans le milieu ».

 

Il publie deux ouvrages majeurs : « le city » et un text-book « introduction à la sociologie ».

 

L’écologie urbaine est son courant de pensées.

Les principes de l’écologie urbaine

« La ville est l’habitat naturel de l’homme civilisé ». 

Jusqu’ici l’anthropologie s’est intéressée qu’à l’homme primitif.

Les méthodes d’observations et d’enquête peuvent être utilisées pour faire l’étude des croyances, des coutumes des habitants de Little Italy à Chicago ou de Greenwich village à New York.

Comme si elles étaient des tribus.

Le terme d’écologie renvoie au fait que la ville est le milieu naturel de l’homme urbain.

Il s’adapte et le modifie à son tour.

Il faut donc analyser la relation entre l’homme et son environnement d’où le terme écologie : recomposition permanente de cet espace urbain, la composition de ses différentes zones et leur recomposition.

La ville est composée de cercles concentriques :

- le premier est le centre-ville, c’est le centre des affaires (surnom de LOOPHE), y habitent les immigrants les plus pauvres et les nouveaux arrivants.

- le deuxième est celui des ouvriers installés, comme le quartier juif ou allemand par exemple.

- autour de cette zone, formation d’un nouveau cercle : la zone des classes moyennes où sont installés les Suédois et les Lituaniens.

-  enfin autour de cette zone se greffe quelques zones résidentielles et banlieues chiques.

èLe quartier noir est à cheval sur la zone pauvre/ouvrière/classe moyenne, ce qui signifie qu’il existe des différences au sein de cette communauté.

 

Les individus circulent au sein de ses zones et ils contribuent à la modification de l’espace urbain.

 

De ces observations sur la morphologie de Chicago vont se constituer des cycles, composés de 4 phases :

1-      la compétition ou la rivalité

2-      le conflit

3-      l’accommodation

4-      l’assimilation.

La rivalité est un phénomène universel, la forme la plus naturelle d’interaction sociale, un processus qui organise la société, elle détermine la répartition géographique et la répartition du travail. Dans cette phase les échanges sont absents, la rivalité c’est l’interaction sans le contact social, elle te définit dans la communauté.

Le conflit correspond à la prise de conscience par les individus de la rivalité, le conflit assigne une place dans la société.

L’accommodation est la suite logique de la phase précédente, c’est le processus d’ajustement des individus et des groupes aux situations créées par la rivalité et le conflit. Ils demeurent rivaux mais ils acceptent leurs différences pour assurer la sécurité des membres des groupes. On a une normalisation du conflit. Par exemple les gangs deviennent des clubs.

L’assimilation, c’est lorsque les différences entre les groupes disparaissent, on a un mélange des cultures et des coutumes, un métissage, une juxtaposition de deux cultures.

Les noirs partagent les valeurs dominantes américaines mais ils ne sont pas pour autant assimilés socialement. Ce processus d’assimilation ne cesse d’évoluer.

 

 

IV_ Point sur la méthodologie utilisée par la deuxième génération de Chicago

 

Technique d’observation participante, il faut prendre le rôle de l’acteur et voir son monde depuis son point de vue.

3 positions possibles pour observer en participant :

- le rôle périphérique : contact étroit mais ne participe pas aux activités.

- le rôle actif : l’observateur prend un rôle central dans le groupe, il prend des responsabilités.

- le rôle de membre complétement immergé : quand l’observateur faisait partie du groupe avant l’étude, membre naturel, considérer de la même manière que tous les autres.

 

Démarche inspiré de Thomas.

 

C’est la raison pour laquelle la plupart des premières enquêtes ont plutôt été réalisées à partir d’observations périphériques.

 

V_  Goffman

 

Dans « asiles », il se fait embauché comme brancardier, il ne révèle à personne son investigation.

 

La seconde génération va fonder un autre courant de pensées.

Ils ne vont pas reprendre «l’écologie urbaine » de Park mais « l’interactionnisme ».

Résumé de la façon suivante :

Les individus agissent en fonction du sens que les choses ont pour eux. Ce sens provient des interactions de chacun avec autrui. Chaque individu modifie, manipule et réinterprète ce sens que les choses ont pour eux.

On retrouve dans cet interactionnisme plusieurs héritages différents : Mead, Simmel, Park, Thomas.

 

Il publie « la mise en scène de la vie quotidienne » qui empreinte beaucoup à Mead.

Il va travailler l’idée que la société ressemble à un théâtre, travailler la métaphore du théâtre pour étudier la société.

Il va dire que l’individu se présente et se représente tel un comédien devant son public.

Qu’il donne une expression de lui-même pour susciter une impression.

Chaque individu est un acteur et en fonction des différents lieux sociaux il interprète différents rôles. Les différents types d’expression dont nous disposons :

-          La façade : comprend les éléments matériels (décor, vêtement y compris sexe, âge…).

-          La dramatisation : une des ficelles de l’acteur pour convaincre son interlocuteur (arbitre de foot qui joue de son sifflet, policier…).

-          L’idéalisation : donner une image valorisante de soi.

-          La cohérence : minimiser les maladresses (lapsus…).

-          La fraude : le fait de mentir dans un but d’idéalisation souvent (mensonge, ambiguïté volontaire…).

-          La mystification : rester sur la réserve, le secret, la mise à distance.

L’acteur croit progressivement à son personnage : la conviction. Nous finissons par nous auto-convaincre/illusionner.

 

 

VI_ Becker

Il dit dans OUTSIDERS, fumer de l’herbe et être musiciens de jazz.

Il développe une théorie de la déviance comme étiquette sociale.

Il s’oppose à dire que la déviance relève d’une maladie mentale et d’un disfonctionnement social. La déviance n’est pas un état de fait mais un jugement que porte la société sur les actes d’autrui. Quelqu'un qui transgresse les règles n’est pas déviant pour autant, ceux qui n’ont jamais rien commis de déviant mais qui sont considérer comme tels à priori vont se comporter de cette façon.

On finit par se comporter de la même façon que l’étiquette que l’on nous a attribuée.

Les entrepreneurs de morale qui créer des règles pour asseoir leur pouvoirs et punir les déviants.

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