socio weber

Max Weber  1864-1920

 

- L’Ethique Protestante et l’esprit du capitalisme 1905

- Economie et Société 1922

- 2 Conférences à Munich – Le savant et le politique 1959

 

 

Sociologue contemporain, allemand, comme Durkheim, mais ils se sont ignorés. Weber ne parlait pas très bien français donc il n’a pas pu lire Durkheim. Weber n’a pas fondé une école ni bâti un système, Weber est la figure du professeur, de l’érudit.

C’est l’ainé d’une famille riche de huit enfants, protestante. Son père est d’abord magistrat, puis entame une carrière politique, il deviendra député national dans un parti de centre droit. C’est un bon vivant égocentrique et sévère avec ses enfants. Mère intellectuelle, elle s’intéresse à la question sociale, elle a une sensibilité intellectuelle, elle a un sens du devoir très aigu, elle est assez pratiquante, elle protège ses enfants de l’autoritarisme de leur père. Des tensions apparaissent dans le couple, cela aura des répercussions dans la vie de Weber et ses œuvres. Weber était petit, chétif, maladroit, souvent malade, donc il restait beaucoup dans sa chambre à lire, il développe ses facultés intellectuelles. Il aurait lu Le Prince à 12ans, il rédige son 1er article de philosophie sur les auteurs grecs. Weber fait d’abord des études de droits. Il suit aussi des cours d’économie politique, d’histoire, de sociologie, de philosophie, de théologie... Il va vraiment changer pendant cette époque, il devient adulte. Il mène une joyeuse vie pendant ses études et il participe régulièrement à des concours de bières, côté bon vivant de son père avec la bière et la baston. Il fait son service militaire, ce qui conforte son idée sur l’armée… Puis soutient sa thèse en1893, enseignant à l’université de Berlin, il se marie aussi en 1893, il entretient avec sa femme Marianne une complicité intellectuelle, il ne consomme jamais le mariage, il pratique l’abstinence sexuelle ;) Il désire être savant et être un homme politique comme son père, il est frustré de ne pas être devenu chef d’état. Tension entre le savant et le politique. Tension action et savoir. Posture : Neutralité axiologique. Démarche compréhensive.

 

La démarche compréhensive

Le refus du positivisme

Weber va le refuser, il le redéfinit. La socio ne peut pas se baser sur les sciences de la nature. Il n’y a pas de sciences exactes, la science ne connait pas de point final. Les philosophes allemands de l’époque vont fonder un modèle de scientificité autonome. La science de la culture : il dit que les objets naturels n’ont pas de signification naturelle, ils sont sans significations culturels, les comportements humains ne prennent sciences que par une culture, système de valeurs. Refus du modèle des sciences de la nature. Il va aussi refuser l’holisme. « Si je suis devenu sociologue c’est essentiellement afin de mettre un point final à ses exercice à base de concepts collectifs ».  La socio doit adopter des méthodes individuelles (individualisme ne veut pas dire égoïste). L’individu est un être rationnel, il est capable de raison, il peut livrer les raisons de son comportement. L’action ou coaction des individus est en jeu. Holisme différent de l’individualisme. Contrairement à Comte et Durkheim, il ne partage pas cette foi en la science. Il se montre neutre par rapport aux jugements de valeurs, il ne partage pas l’optimisme des positivistes, il a un rapport pessimiste à la science, il pense que la science et les progrès techniques tendent à rationnaliser. Il parle de désenchantement du monde, se débarrasser de la religion n’est pas forcément une plus-value, il s’inquiète du développement du matérialisme, perte de la valeur des choses. La mort n’a plus de signification spirituelle, c’est un drame. Le fait que l’on ai une conception de + en + scientifique des choses ne transcrit pas le reflet d’un progrès intellectuel. L’homme peut se perdre lui-même à trop vouloir être scientifique. Cela (le fait qu’on s’intéresse trop à la science) nous donne l’illusion de croire que nous pouvons tout maitriser, nous pensons que nous pouvons tout prévoir. L’objet de la sociologie ce n’est pas de comprendre les causes du suicide qu’il faut identifier, mais le sens, la signification, les motivations, les mobiles des individus. Il regrette le sens à la vie dans la société moderne.

L’activité sociale se définit comme l’action d’un individu orienté significativement par rapport à autrui, ce n’est pas un comportement mécanique du type reflexe. Les faits sociaux sont internes. Le sens visé est interne, s’enracine par rapport à un contexte donné. Pas question d’expliquer le social par le social, il faut comprendre le sens visé.

Comprendre ≠Expliquer. Travail qualitatif et non quantitatif (Durkheim). Interpréter.

Cette interprétation comporte 3 étapes :

-saisir dans l’immédiat le sens de l’action

-replacer cette action dans son contexte

-reconstituer les motivations des individus

Ex : (point de vue extérieur) deux femmes assises dans un café, je saisie le comportement, l’autre dit « c’est un salaud… ». Je replace cette action dans ce contexte. Enfin je reconstitue les motivations = soutien affectif.

Weber pense que les idées viennent des gens qui mobilisent des connaissances. Pour pouvoir comprendre les sociologues, il a son propre rapport aux valeurs. Il n’y a pas de vérité révélée en sociologie, il n’y a que des hypothèses. Le sociologue ne peut pas se soustraire à son rapport aux valeurs, il fait appelle à la réflexivité.

De cette démarche, il découle une méthode précise, celle de l’idéal type : modélisation de la réalité, le sociologue dessine un modèle de la réalité épuré, il trie et sélectionne, ce n’est pas un reflet de la réalité. Ca sert à mesurer l’écart entre le modèle pur et les situations réelles.

Il va dégager 4 types de motivations idéales types :

-         finalité (intérêt)

-         valeurs

-         tradition (coutume)

-         action affective

Dans la réalité ces conditions sont confondues. On ne catégorise pas des gens mais des discours.

 

 

 

Finalité = But        Valeur(s) = Croyances

Tradition = Coutumes                   Affective = Emotion Passion Sentiment

 

Il faut être humble et accepter de ne jamais savoir toute la vérité. Le  réel est inépuisable. Weber a beaucoup d’humilité. « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme » est le livre le plus célèbre de Weber traduit en toutes les langues sauf en français à cause de Durkheim. En 1905 en France, un durkheimien a osé faire un compte rendu de Weber et de cet ouvrage. Il a été catalogué rapidement comme le Marx de la bourgeoisie, interprétation spiritualiste, il va essayer de trouver l’origine de la socio dans le protestantisme, la notion de valeur est centrale chez W, sa thèse est en opposition à celle de Marx. Weber = Spiritualisme  Le monisme causale, une seule cause pour un seul effet. W rejette que l’économique est le seul facteur du capitalisme.  Il part d’un constat statistique : Surreprésentions des protestants par rapport aux entrepreneurs, les protestants sont plus nombreux que les catholiques à faire des études secondaires, et plus nombreux dans les écoles préparatoires aux métiers liés à la vente.

L’industrie moderne de l’époque, qui recrute beaucoup d’artisans, recrute + les protestants que les catholiques qui eux restent dans l’artisanat.

Il émet donc une hypothèse : type d’éducation et de l’atmosphère religieuse qui l’entoure.

Quels sont les traits de la religion protestante qui ont influencé un mode de vie capitaliste :

-construire l’idéal type de l’esprit du capitalisme moderne

-construire aussi l’idéal type du protestant

-mettre en évidence les points communs, affinités …

Construire l’idéal type de capital moderne :

« Le sermon » de Benjamin Franklin, le temps c’est de l’argent, l’argent est par nature générateur et prolifique. Ce texte ne donne pas que des conseils, ce texte est un précepte moral, une éthique, il définit par des conseils pratiques, optimisation du gain. Le profit doit être investit, on ne doit pas en profiter, l’oisiveté est condamnée, on a pas le temps de se reposer. Ce n’est pas que des valeurs, c’est une morale devenue pratique. La figure du capitalisme moderne rejette l’ostentation, l’idée de dépense inutile, elle s’oppose à l’entrepreneur à l’ancienne (celui qui est gentil, qui fait des prix), la routine n’est pas installée, concurrence permanente. La recherche  systématique du profit, une attitude sobre, le développement de l’épargne.

Luther a introduit la notion allemande de « Beruf », ça désigne le métier et le travail comme une vocation, être consciencieux, besogneux, attitude ascétique. C’est un des éléments de son idéal type. Grâce à Calvin, dans le protestantisme, le salut est indépendant des œuvres, le salut est irrévocable, ce décret est insondable, le fidèle ne peut pas savoir s’il est élu ou pas, Calvinisme = version puritaine du protestantisme, le calvinisme est hanté par la question, suis-je élu. Donc les pasteurs protestants ont modulé leurs principes, ils disent qu’il faut travailler sans relâche, le travail est perçu comme un moyen d’assurer sa réussite et son élection divine. Ce qui est condamné ce n’est pas la richesse, mais l’oisiveté dans la possession. Rapprochement Calvinisme et protestantisme moderne. Les protestants vont donc inventer l’épargne (car ni oisif, ni profiter des gains)

Beruf + Prédestination = Epargne

Weber est le Marx de la bourgeoisie.

La profession devient un devoir, une épreuve de la foi. La charité est condamnée car elle conforte le pauvre dans sa situation. L’entrepreneur est doublement valorisé, car il épargne et en employant il permet aux autres d’épargner. Mais W reconnait la pertinence de Marx.

Le catholicisme a freiné le développement du capitalisme.

L’éthique sportive est-elle l’esprit de l’époque de l’Angleterre victorienne. (Reine Victoria).

 

 

Théorie des classes sociales

Il refuse le monisme causal, sa définition des classes sociales sera pluridimensionnelle. Il la construit sur le principe de distribution des pouvoirs, c’est à la base de la théorie des classes sociales.

3 formes différentes :

- économique

- symbolique, l’honneur social, le prestige

- le pouvoir politique, l’autorité

Le pouvoir économique, ressources financières.

Prestige, honneur social, les individus d’un même groupe se reconnaissent mutuellement, comme faisant partis d’un même groupe. Le prestige est lié aux valeurs. Le pouvoir politique dépend des compétences et du charisme.

Cette définition pluridimensionnelle de la classification des groupes sociaux sera reprise par Pierre Bourdieux (sociologue français, il ne parlera plus de pouvoir mais de capital, il ne classe pas des individus mais des positions sociales, capital économique, culturel et le capital social).

 

 

Les formes d’autorités politiques

L’autorité est toujours fondée sur la soumission, il va basé son concept sur le sens que les gens donnent à l’autorité, c’est parce que les dominés se soumettent qu’elle est légitime, Il dira à propos de l’état, « l’état a le monopole de la violence légitime » , c’est le seul acteur dans la société à avoir la légitimité de faire l’usage de la force,

- la légitimité légale ou rationnelle, elle repose sur la croyance en la légalité des règlements et du droit de donner des directives, l’autorité repose sur la compétence reconnue du chef, les diplômes le fait d’avoir été élu…

- la légitimité traditionnelle, repose sur la coutume et sur le caractère sacré de ces coutumes, elle repose sur la sainteté des traditions, ces coutumes limitent le pouvoir du roi (ou chefs de village)

- la légitimité charismatique, autorité du chef, la victoire engendre le charisme, elle est vouée à disparaître, si le chef victorieux se met à perdre.

Dans la réalité elles sont toujours confondues.

 

 

Sport : quelle est l’autorité de l’entraineur sportif, quelle forme d’autorité ?

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