SOCIO TONIE + TABLEAU

Ferdinand Tönnies (1855-1936)

 

Communauté et Société (1887, 2nd E1 1912 traduit français 1922)

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 « Gemeinschaft »   « Gesellschaft »

 

Forme d’organisation sociale à Gemeinschaft

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Né en 1855 dans une famille de riches fermiers, il va avoir un parcours universitaire, il s’inscrit en 1872 à l’université de Strasbourg, après avoir étudié la philosophie classique, il va à Leipzig et Bohn, il rencontre un homme, il devient en 1881 maitre de conférence non salarié. Ces cours de philo n’intéressent personne, il part en 1984 à Londres et reprend après les cours, en 1885 et en 1887 il publie la première version de son ouvrage majeure qui ne marchera pas, il est lassé, et le régime Prusse le freine, car il le soupçonne d’être un journaliste communiste. Il deviendra prof rémunéré en 1913, il occupe le poste de sociologie. En 1909, il fonde la société allemande de sociologie ; il réédite en 1912 son ouvrage majeur qui connaitra enfin le succès. Compte rendu assez critique. Il sera prof que 3 ans à cause de la guerre.

En 1921 il revient à l’université en temps que prof émérite, où il reste jusqu’en 1933 et il se fait virer par les nazi, il meurt 3ans plus tard à 81ans.

Il a fait plus de 900 publications.

Deux types de sociétés différentes, deux formes de liens sociaux différentes.

La communauté (gemeinschaft) est naturelle alors que la société est artificielle.

Les individus sont unis et confondus dans la communauté naturelle, ils vivent ensemble de façon spontanée. Alors que la gesellschaft est artificielle, elle vient d’un contrat, les individus sont différenciés et restent juxtaposés, ils ne sont pas confondus, ils vivent exclusivement ensemble (les membres d’une communauté). La communauté s’enracine entre les rapports parent-enfant, le prototype de la communauté c’est la famille. La communauté du sang est fondée sur les liens de parenté. Deuxième type, la communauté de lieu, qui repose sur des liens de voisinage. Troisième type, communauté d’esprit ou spirituel, qui repose sur des liens d’amitié. Dans la réalité ils sont confondus.

Parenté, voisinage, amitié.

Certes la communauté est plus forte en milieu rural, mais existe en milieu urbain. Les formes d’organisation sociale, c’est là où les principes de familles subsistent, par des rapports de fraternité et où l’autorité s’exerce de façon patriarcale (autorité traditionnelle).

La communauté se définit par la proximité affective et spatiale. Alors que dans la société, les individus sont séparés affectivement.

Dans la communauté les individus sont liés malgré la séparation, et dans la société ils sont éloignés malgré toutes liaisons. Dans la société, chacun est un commerçant, alors que comme c’est l’intérêt collectif qui prime. La société est le lieu de la concurrence générale, en dehors des amis proches. Parfois les intérêts particuliers peuvent se rencontrer, il y a des coalitions d’intérêts, ils s’allient souvent contre un « ennemis ». Ces situations d’ententes tempèrent.

Communauté = fusion entre les individus, dans l’intérêt général

Société = tension entre les intérêts particuliers des individus

Tönnies va faire une analyse historique des sociétés européennes, il y a un passage de la société ancienne à la société moderne (industrielle) qui va correspondre au passage de communauté à société. Individualisation des rapports sociaux. Il va même regretter une montée de l’égoïsme dans la société, car les rapports sociaux deviennent de plus en plus personnels et concurrentiels. La suprématie de la terre fait place à la suprématie de l’industrie. Avec ce passage, tout s’achète, les biens matériels mais aussi le travail, les idées, les gens…

Sur le plan politique il observe aussi un changement, système fondé sur la coutume, et remplacé par un système fondé sur la règle et le contrat. La notion sacrée remplacée par la laïcité. La notion religieuse remplacée par la raison scientifique. (Désenchantement du monde pour Weber)

D’une manière générale tous les débats entre fusion et tension, solidarité et rivalité, coopération et compétition, ramènent directement ou indirectement à Tönnies. Weber et Durkheim ont repris cette comparaison.

Premier point de différence, Durkheim a inversé les termes d’organique et de mécanique Tönnies parle d’organique pour la communauté et mécanique pour la société (donc inversion des termes). Pour Tönnies la communauté est organique car elle est naturelle. Durkheim pense que la société est aussi solidaire que la communauté. Durkheim pense que la société est une évolution de la communauté mais qu’il y a toujours une solidarité, même différente. La solidarité vient de la similitude entre les Hommes. Il partage l’idée de Tönnies selon laquelle la société est homogène, mais pas d’accord sur le gesellschaft, L’idée de la solidarité entre les gens peut aussi venir de nos différences selon D. Certes la solidarité n’est pas fondée sur le même lien social mais le résultat est le même : ces sociétés sont solidaires, ce qui les poussent à coopérer Durkheim ne partage pas le pessimisme de T à propos de la société moderne On touche la faiblesse de l’ouvrage de T : sa nostalgie pour la communauté. Pour D le problème se situe ailleurs (le pathologique). Pour D chaque forme de société a sa propre pathologie, chaque forme de lien social connait ses propres problèmes (suicide : excès de R et I). Pour la société moderne la pathologie serait un défaut de I ou de R, D craint que la société atomise l’individu.

Weber va aussi reprendre cette opposition de Tönnies. Il  ne parle pas de la communauté en tant que telle, mais juste des relations à l’intérieure : relations de type communautaire ou associatif, il va ajouter que ces formes là sont présentes à toutes les époques quelles que soit les sociétés.

Le type communautaire est basé sur l’associatif et le groupe, ainsi que sur l’action affective et les coutumes. Alors que l’action associative est basée sur l’intérêt, cette coordination d’intérêt est organisée rationnellement, elle est basée sur un compromis. W reprend T mais ajoute ses concepts,  les modes de relations sociales peuvent être ouverts ou fermés, ils peuvent être liés à la parenté. La relation de type communautaire fermée est la famille, et ouverte c’est l’Eglise. La relation de type associatif fermé c’est l’entreprise familiale. Et ouverte, c’est n’importe quel club où l’on peut s’inscrire.

Des cas se posent, les clubs privés, semi-ouverts, semi-associatifs.

W avec son expression désenchantement du monde renvoie à T, l’homme moderne croit qu’il peut tout prévoir tout savoir tout maitriser, c’est le recul du mystique et l’essor de la raison. Ce désenchantement marque une rupture, la même rupture entre l’ordre ancien des sociétés et l’ordre moderne.

Sport : rupture entre le rugby et le football, une société et l’autre communauté (football intérêts marchands) (rugby famille, proximité spatiale)

Mais les supporters sont différents, certains groupes de supporters sont proches de la communauté et d’autres proches de la société avec des règles des contrats et une hiérarchie. Pour lutter contre les hooligans, il faut dissoudre une bande d’amis, une communauté. Comment dissoudre un sentiment affectif…

 

 

 

Soc Ancienne/Trad

Soc Moderne/ Industrie.

Tönnies

1887

« Gemeinshaft »

Naturelle

Unis et Confondus

Accord spontané

Sang, lieu, esprit

Fusion

« Gesellschaft »

Artificielle

Indépendante et juxtaposée

Contrat

Echange = Commerce

Tension

Durkheim

1893

« Solidarité Mécanique »

Similarité

Homogène

à Fusion

« Solidarité Organique »

Complémentarité

Hétérogène

Coopération

Weber

« Relation Communautaire »

Sentiment subjectif (tradition, affection)

Tradition = Coutumes

Croyance mystique

« Relation associatif »

Action Rationnelle

 

Science / Droit

Société désenchantée

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