peur phobie

Introduction aux névroses
L’exemple de la névrose phobique

1)    Quelques concepts

La différence entre psychose et névrose est :

-          La psychose était appelée folie, il y a une rupture avec le réel, l’individu n’arrive pas à différencier ce qui lui est extérieur et ce qui lui est intérieur. Le plus caractéristique de la psychose est l’expérience délirante c’est-à-dire une croyance personnelle d’une conviction inébranlable (ex : le délire de persécution). On peut classer ces psychoses selon leur évolution :

  • La psychose aigue : ponctuelle,
    • Mentale, l’individu est désorienté
    • La bouffée délirante : il fait une expérience délirante
  • La psychose chronique : à long terme

Perturbation permanente plus ou moins évolutive de la personnalité (ex : la skizophrénie)

Selon leur origine :

  • Psychose organique : résulte d’une atteinte cérébrale lésionnelle. Les plus connues étant les démences, ex : Alzheimer
  • Psychose fonctionnelle : elle va comporter des délires aigus.

 

-          La névrose désigne des troubles psychiques sans lésions organiques démontrables. On a les symptômes mais le cerveau est intact. Ce qui va les différencier est que dans la névrose, l’individu est conscient de sa souffrance psychique et il conserve une perception normale du réel.  On va pouvoir classer ces névroses 

  • La névrose traumatique : consécutive à un traumatise extérieur à l’individu (ex : agression, état de choc)
  • La névrose actuelle : sa cause est située dans le présent (ex : crise d’angoisse)
  • La névrose de transfert : très structurée avec des symptômes très caractérisés on retrouve :
    • la névrose hystérique 
    • la névrose phobique 
    • la névrose obsessionnelle (TOC) 
  • l’affection psychosomatique : présence de symptômes physique sans cause organique.

2)    Les phobies

Une phobie est une peur intense. La peur est un système d’alarme qui a deux composantes :

-          D’activation : la peur ne se déclenche que face à un vrai danger perçu comme tel par l’individu. Elle tient compte également du contexte.

-          De régulation : elle s’éteint vite et facilement une fois le danger passé ou que l’on a pris conscience qu’il n’y avait pas vraiment de danger.

La phobie est un système d’alarme mal réglé. On a :

-          Une activation anormale : la peur se déclenche trop souvent pour des seuils de danger trop bas. C’est un fonctionnement épuisant pour l’individu.

-          La régulation est également anormale : la peur met beaucoup trop de temps à redescendre et elle reprend très facilement.

La peur est une émotion, quelque chose de normal et d’adapté tandis que la phobie est une pathologie anormale et inadaptée.

Les peurs les plus fréquentes :

- - du vide et de la hauteur : acrophobie

- vol en avion : l’aérodromphobie

- être enfermé : claustrophobie

-  animaux : zoophobie

-  du sang : hématophobie

- l’eau : aquaphobie

- de la solitude : eremitophobie

- de l’orage : cheimophobie

Ces études vont montrer que 50% de la population générale avait au moins 1 de ces peurs normales. 12% ont ces peurs au niveau pathologique.

Les manifestations physiologiques :

-          Tremblement

-          Augmentation du rythme cardiaque, du système de sudation.

-          Le malaise ou la paralysie

-          Perturbation du rythme respiratoire

-          Changement de couleur du teint.

-          Ecarquillement des yeux

Au niveau du comportement :

-          La fuite

-          L’affrontement

Le trouble panique est diagnostiqué lorsque la personne fait des attaques paniques à répétition. On peut y retrouver :

-          Les palpitations

-          Accélération du rythme cardiaque

-          Vomissements

-          Convulsions

-          Tremblements

Ces personnes sont persuadées qu’elles sont malades et que les médecins sont incapables de la déceler.

Ce trouble peut être accompagné d’agoraphobie (= phobie de se retrouver dans des endroits ou la survenue d’une attaque de panique serait problématique soit parce qu’il serait difficile ou socialement gênant de s’échapper soit parce qu’aucun secours ne serait possible).  Les agoraphobes trouvent toujours un argument d’insécurité à chaque endroit.

 

Les origines des phobies :

-          Les peurs d’enfant : beaucoup plus nombreuses que chez l’adulte. Elles sont des protections reflexes indispensables au danger éventuel. Elles disparaissent généralement avec l’apprentissage.

-          Les apprentissages : de 4 types

  • Les évènements de vie traumatisants : avoir personnellement été confronté à une menace et en avoir gardé une trace en mémoire (ex : Mme P qui fait une attaque de panique pour la 1ère fois dans le métro, due à une odeur lui rappelant son agression sexuelle).
  • Les évènements de peurs pénibles et répétitifs : subir de petits traumatismes de manières régulières sans possibilité de contrôle. (Mme J qui a peur des araignées)
  • Social par imitations : avoir vu fréquemment quelqu’un, avoir peur de quelque chose.
  • L’intégration de messages de mise en garde : avoir reçu une éducation soulignant des dangers liés à telle ou telle situation.

Mécanismes comportementaux

-          L’évitement, chez les phobiques, va porter sur la situation ou sur le ressenti ou sur les pensées. C’est la meilleure façon d’entretenir ses peurs.  Finalement éviter c’est bien mais l’on ne peut pas tout éviter. Si l’on veut garder une vie sociale, il faut faire de la confrontation incomplète (ex : courses aux heures creuses),  des stratégies contra-phobiques (ne pas se confronter seul à la situation, prendre un tranquillisant).

-          Les mécanismes psychologiques :

  • L’hyper vigilance : on dit que les phobiques surveillent leur environnement.
  • L’hyper interprétation : un stimulus ambigu qui sera systématiquement traité comme menaçant. 
  • Le scénario catastrophe : l’anticipation du pire
  • La fatigue : tous ces phénomènes sont usants.

3)    Traitements

a)      Médicamenteux

Les tranquillisants, anxiolytiques doivent être évités. Ces médicaments ne font qu’endormir nos peurs.  On peut conseiller les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, ceux qui entrainent le moins de dépendance, permettent aux phobiques de se sentir bien dans sa tête et il va être un peu plus enclin à suivre la thérapie.

b)      Les thérapies

Les thérapies cognitivo-comportementales  se font par psychanalyse et hypnose. On a plusieurs techniques :

-          L’exposition : qui peut être in-vivo (rester 45min dans une situation qui lui fait peur, temps nécessaire à l’organisme pour décharger le stress, la montée d’adrénaline), ou en imagination : personne dans le cabinet, on lui raconte la situation, d’imaginer pendant 45min

-          La restructuration cognitive : amener le patient phobique à critiquer ses pensées.

-          La relaxation : contrôle respiratoire qui va permettre d’éviter les attaques de panique, se focaliser sur sa respiration

-          L’affirmation de soi : apprendre à s’affirmer en société.

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