les précuseur socio

LES PRECURSEURS DE LA SOCIOLOGIE. 


HISTORIENS

Hérodote (484-425 avant JC)

Thucydide (465-395 avant JC)

 

PHILOSOPHES

Socrate (470-399 avant JC)

Platon (427-348 avant JC)

Aristote (384-322 avant JC)


 

  1.        I.            La Grèce antique.

L’idée d’organisation de la société est toujours apparue dans un contexte particulier de trouble.

Leur réflexion s’inscrit dans le cadre de la philosophie politique.

Ils ont souvent présenté une vision normative (quelle serait la meilleure société possible, leur avis est bien tranché).

En 508 avant JC, un nouveau régime politique née : la démocratie. Ce régime qui donne le pouvoir au peuple a été adopté suite à des mouvements de contestation contre la tyrannie. Les anciennes tribus ont été remplacées par de nouvelles divisions politiques qui sont à distance plus égale chacune du pouvoir. Athènes devient la véritable capitale de la Grèce. Elle est le lieu d’effervescence. C’est la période d’Hérodote et de Thucydide.

  1. Hérodote (484-425 avant JC).

Hérodote est considéré comme le père d’ l’Histoire mais aussi comme l’un des premiers explorateurs de Grèce. Son but était de raconter l’histoire des multiples conflits des peuples grecs ou voisins. Il présente les résultats de son enquête en traitant également des grecs et des barbares. Il traite les conflits récents et non passés. Cela fait de lui un historien dont les travaux ont une fonction sociologique car ils ont une portée directe. C’est un témoin de son époque. Il raconte une histoire quasiment en train de se vivre. Il fait aussi de longues descriptions qui permettront d’établir des cartes. Il adopte un style d’écriture assez épique ce qui lui vaut quelques inimitiés à cause du fait qu’il considère les grecs au même titre que les barbares et à cause de son côté affabulatoire. Il est par la suite déconsidéré et ne sera réhabilité qu’au XVIIème siècle.

  1. Thucydide (465-395 avant JC).

Il est beaucoup plus sérieux qu’Hérodote en rationnalisant les faits car il vérifie ses sources. En ce sens, il est le premier historien à mettre en œuvre une méthodologie. Il est impartial et ne raconte pas que les exploits. Il se penche également sur la situation morale des peuples et trace un tableau des mœurs et de la morale de son temps. Il est le précurseur de la méthode d’enquête ethnographique en faisant de longues descriptions sur les habitudes des peuples. « L’Histoire est un éternel recommencement ».

  1. Socrate (470-399 avant JC).

Il n’a jamais rien écrit de son vivant. Il prodiguait des conseils de manière complètement désintéressée. Il sera condamné à mort à la chute de la démocratie athénienne.

  1. Platon (427-348 avant JC).

Il apparaît après la chute de la démocratie athénienne en 404 avant JC. Platon est très marqué par la condamnation à mort de Socrate. Il inspira Marx et de nombreux sociologues.

Il écrit dans son ouvrage majeur La République où il décrit sa société idéale. Il oppose toujours le monde du sensible (impression, opinion, monde tel que nous le voyons) au monde de l’intelligible. Il fait l’allégorie de la caverne. Nos impressions seraient trompeuses, d’où son opposition entre les sens et les idées. Sa société idéale est décrite avec 3 classes d’individus (artisan pour l’économie, les guerriers pour la défense et les gardiens, garants de la société qui doivent éduquer les jeunes, pour la magistrature). Les gardiens doivent vivre en complète communauté de bien. Ils partagent les femmes et les enfants. Ils doivent bien surveiller les enfants et être sans pitié pour eux. Ils ont l’obligation de les classer dans la classe correspondante sans se tromper car la survie de la cité en dépend. Platon pense que Dieu a placé sur nous un métal (or, argent et bronze) qui a fondu. Les gardiens sont en charge de bien classer les enfants en fonction du métal. C’est pour cela que les enfants ne doivent pas vivre en famille mais avec les gardiens. Platon se pose déjà la question de la pérennité de la société avec ce classement.

  1. Aristote (384-322 avant JC).

Il est l’élève et le contradicteur de Platon. Il récuse l’opposition entre le monde des idées et le monde des sens. Pour lui, corps et âme ne font qu’un. De plus, il ne cherche pas à distinguer le manuel de la société parfaite, il se contente de distinguer différents types de régimes possibles. « L’Homme est un animal politique ». Il est donc fait pour vivre en société. L’Homme est doté de parole ce qui lui permet d’échanger, de discuter avec ses semblables, d’échanger sur ce qui est juste ou injuste et d’établir des règles. L’Homme est doté de raison. Il est en quête du bonheur terrestre. Aristote insiste beaucoup sur le rôle capital de l’amitié (PHILIA) pour l’Homme. C’est par amitié que les gens cherchent comment bien vivre ensemble. Toute communauté est fondée sur l’amitié pour lui. Il distingue les 3 formes de cité possible dans La Politique :

-          La monarchie : pouvoir entre les mains d’un seul homme, comme la royauté. Il dit que la monarchie peut dégénérer et parle alors de la tyrannie.

-          L’oligarchie : pouvoir entre les mains d’un petit groupe, comme l’aristocratie. Elle pourrait dévier en ne s’intéressant qu’à l’intérêt des riches.

-          La démocratie : pouvoir confié au plus grand nombre. Il l’appelle la République. Elle pourrait dévier en poursuivant uniquement l’intérêt des indigents.

Sa philosophie fait de la Nature un modèle absolu. La société est à l’image du corps, un tout qui surpasse l’addition des parties. Il considère la famille comme une cellule naturelle, comme la base de toute forme de société. Il pense que l’organisation sociale doit respecter l’ordre de la Nature. Il s’interdit donc de revendiquer l’égalité entre les hommes et les femmes car les femmes sont des êtres naturellement inférieurs, elles doivent par conséquent accepter leur soumission. Il ne condamne pas non plus l’esclavage.

 

  1.    II.            Le Moyen-âge.

Après la Grèce, c’est à Rome que l’on trouve les précurseurs. Rome tombe en 410.

  1. Saint Augustin (354-430).

Il s’inspire de Platon.

Dans La Cité de Dieu, il oppose la cité terrestre et la cité de Dieu. Il rédige cet ouvrage pour réfuter les thèses païennes qui imputent la chute de Rome à une adhésion au christianisme. Saint Augustin est un théologien et il veut réhabiliter le christianisme. Dans son livre, il appelle de ses vœux une société juste et heureuse, mais teintée d’une idéologie chrétienne. Il présente une cité terrestre et une cité de Dieu. Dans la cité terrestre, les hommes vivent dans le pêché, ils cultivent la violence et l’amour d’eux-mêmes alors que dans la cité de Dieu, ils vivent exclusivement dans l’amour de Dieu, dans la foi et dans l’humilité. Avec le christianisme, la conception de l’Histoire devient linéaire, du au dogme du jugement dernier. Il y a un avant et un après. La Cité de Dieu est le premier grand essai de philosophie de l’Histoire (=historicisme). Pour Saint augustin, c’est l’action divine de Dieu, et non les conditions matérielles, qui impose à la société d’évoluer. On assiste à un renforcement de l’Eglise et la limitation du pouvoir royal jusqu’au Vème siècle. Le système féodal est organisé autour de 3 ordres :

-          L’ordre clérical

-          Les guerriers

-          Le reste de la société, la masse paysanne, l’ensemble des gens qui travaillent.

Entre le Vème et le Xème siècle, la société est à nouveau rurale. C’est une période défavorable à la production d’idées nouvelles sur la société. Il ne se passe plus rien jusqu’au Xème siècle.

 

  1. Saint Thomas D’Aquin (1225-1274).

A partir du XIIème et XIIIème siècle, il y a un renouveau intellectuel car on relie les idées des philosophes grecs. De plus, on a un essor des sciences et notamment des mathématiques. Enfin, il y a un essor économique et c’est une période de croisades.

Il est l’auteur de La Somme théologique. Il s’applique à donner de nouvelles preuves théoriques de son existence.

Dans le sillage d’Aristote, il ne différencie pas corps et âme. Il insiste sur le rôle de l’amitié. Il reconnaît surtout l’intérêt de l’analyse rationnelle de la société. Il existe quelques préceptes qui ont découlé de son ouvrage :

-          Sur le plan économique

  • Il y a une revalorisation de l’activité manuelle
  • Le prix d’un bien doit être fixé à travers un échange
  • La prohibition du taux d’intérêt : l’intérêt rémunère le temps, ce n’est pas acceptable pour lui car le temps n’appartient qu’à Dieu

-          Sur le plan politique, il reconnaît la monarchie comme le meilleur régime

  • Il reconnaît la supériorité du clergé sur la monarchie : les rois doivent être soumis aux prêtres

 

La théologie domine la politique. Il faut s’éloigner des terres du christianisme et s’approcher des terres arabes pour avoir une analyse plus précise.

 

  1. Ibn Khaldoun (1332-1406).

Né à Tunis et mort au Caire. Il est l’auteur de L’Introduction A L’Histoire Universelle. Il se refuse à défendre un point de vue normatif. Il se pose la question du meilleur régime. Il ne lie pas les sociétés à un principe constitutif qui les transcenderait. Il élabore une véritable science sociale en appliquant les Mathématiques à l’organisation de la société. Il va fonder la théorie des cycles sociaux, soit 5 siècles avant les Européens.

 

  1. La Renaissance.

L’essor économique se confirme. L’Etat doit intervenir pour favoriser l’enrichissement d’un pays est une nouvelle idée = mercantilisme. On a l’idée de l’Etat Nation. Le XVIIème siècle est marqué par deux grands bouleversements : la Renaissance et la réforme.

La Renaissance naît en Italie. Il est diffusé par Erasme au Pays-Bas et par Montaigne en France. On redécouvre la philosophie grecque. On célèbre la beauté multiforme de l’Art. On célèbre également l’épanouissement de l’Homme. Les Sciences se développent avec Léonard De Vinci et Copernic.

La réforme protestante a lieu. Elle est inaugurée en 1517 par un moine allemand du nom de Martin Luther qui dénonce la corruption de l’Eglise. Pour lui, seule la foi sauve. Il est inutile de chercher à acheter son salut auprès de l’Eglise. Il a un disciple, Jean CALVIN. Le calvinisme est une idée encore plus dure que celle de Luther. Le salut et la damnation sont écrits par avance. Il n’y a pas de rédemption possible. Il affirme que les Hommes agissent dans le bien quand ils font des opérations marchandes et le bien fondé de l’action économique et sociale des Hommes. Cette religion est considérée comme celle qui a permis le développement du capitalisme.

Ces bouleversements intellectuels vont afficher une idée novatrice en philosophie politique.

 

  1. Nicolas Machiavel (1469-1527).

Il marque dans Le Prince la scission entre le politique et le religieux. Il donne le manuel de gestion de société. Il annonce le principe d’un gouvernement fort et puissant, dont le but est de maintenir la cohésion et la collectivité des Hommes. Pour lui, tous les moyens sont bons pour atteindre ces buts. Le Prince doit être un mélange de ruse et de violence. Il s’inspire de César Borgia, une personnalité cruelle. La société ne peut tenir que si elle est dirigée par un pouvoir supérieur qui la dépasse. Le Prince peut être l’Etat.

Au même moment, un autre penseur va écrire quelque chose d’un peu différent, Thomas More.

  1. Thomas More (1480-1535).

Son ouvrage est beaucoup moins réaliste que celui de Machiavel : L’Utopie. Il renoue avec la société de Platon. Il va décrire une île qui n’existe pas qui ressemble beaucoup à la cité idéale de Platon. Sur cette île règne la démocratie. En Utopie, on ne partage pas les femmes et la polygamie est réprimée. C’est une façon déguisée de critiquer son propre pays (Royaume-Uni) et son propre régime. L’agriculture traditionnelle se transforme en système privé ce qui a pour conséquence la désintégration sociale. L’île d’Utopie est la satire sociale de l’Angleterre. Sur cette île, il n’y a pas de monnaie. L’économie de cette île repose sur l’absence totale de propriété privée. On ne vend que les surplus aux autres îles. Elle vend à l’étranger et se constitue un stock d’or, qui servirait en cas d’attaque pour payer des mercenaires. Utopie est fondée sur la volonté de vivre ensemble. Il y a quand même une morale : le mensonge, les jeux d’argent, l’ivresse… sont proscrits. Le divorce, uniquement par consentement mutuel, est autorisé.

 

  1.  IV.            La société comme contrat.

Hobbes, Locke et Rousseau sont les 3 grandes figures du contrat social.

  1. Qu’est-ce que le contrat social ?

C’est le fait d’un processus philosophique et intellectuel datant de longue date. La théorie du contrat social marque la rupture avec le naturalisme classique (de Platon et d’Aristote) et avec la vision théologique (en particulier celle de St Augustin). La société est construite sur un contrat que les individus passent entre eux, c’est une association volontaire d’individus libres et égaux. La vision du contrat social est totalement intégrée à la vision de la Révolution de 1789. La société ne serait pas naturelle mais une création humaine, contrairement à l’individu qui reste la seule entité naturelle. Les Hommes passent d’un état de nature à un état de société. Le contrat social est l’abandon de l’état de nature. Ce pacte est une convention de droits et de devoirs institués. La justice se définit par l’utilité sociale et ne peut donc exister que par un contrat que l’on signe dans l’intérêt de tous et de ce fait ne plus avoir droit à la liberté absolue de l’état de nature. Le but est d’empêcher que les gens se nuisent les uns les autres. La société est une obligation entre les individus mais aussi entre le souverain et les individus. On fonde la légitimité de la politique.

Il y a 3 visions différentes du contrat social parce que les 3 ont une définition différente de l’état de nature et de l’homme à l’état de nature. De plus, ils ne s’accordent pas sur la figure de l’autorité politique, sur la figure du souverain.

L’état de nature est soit perçu comme une réalité historique (Homme avant la société), soit comme une hypothèse de travail, comme une méthode, où l’état de nature est défini comme l’état où l’Homme est soustrait à tout état de socialisation. L’état de nature servirait à comprendre la société actuelle.

Un débat s’instaure entre les 3 auteurs, par exemple sur le régime le plus approprié. Un bon respect du contrat permet d’éviter les dérives.

 

  1. Thomas Hobbes (1588-1679).

Le Léviathan (1651)

La société est une construction humaine et non naturelle. Pour lui, l’Homme n’est pas naturellement bon. A l’état de nature, l’Homme est égoïste. Il ne recherche que sa satisfaction personnelle. « L’Homme est un loup pour l’Homme ». Les Hommes sont tous en guerre. Rien n’appartient à tout le monde en particulier mais rien n’appartient à personne. L’Homme n’est donc pas fait pour vivre en société naturellement. Affirmer que « l’Homme est un animal politique » (Aristote) est une absurdité pour lui. Si l’état de nature est un état violent, c’est parce que les Hommes ont une liberté totale et une égalité totale. La force s’impose. Pour sortir de cette vie solitaire, pauvre, malpropre, animale et courte, pour sortir de la menace, la raison a imposé une solution : le pacte social. Cette raison est purement UTILITAIRE (capacité de calculer les faits favorables en fonction de notre intérêt). L’Homme veut assurer sa propre conservation. Il va donc renoncer au droit de liberté et d’égalité absolue dont il jouit à l’état de nature au profit d’un souverain, doté de droits illimités, qui fait régner l’ordre et la paix. Le souverain absolu est le Léviathan. Le Léviathan a des pouvoirs monstrueux, c’est une machinerie créée artificiellement par la volonté des individus qui se dépossèdent de leur liberté et égalité naturelle mais qui était génératrice de la guerre. La société n’est pas une institution divine ni naturelle. La société trouve son origine dans l’égoïsme, pour que les individus puissent subsister. Le Léviathan représente l’Etat et assure la paix. Les individus doivent accepter l’inégalité pour permettre aux gens de vivre ensemble. Hobbes a une vision un peu plus cynique, un peu comme Machiavel. La volonté du Léviathan se substitue à la volonté de chacun des Hommes pour assurer un état pacifique. C’est un dieu mortel, incarné en un souverain.

Emile Durkheim dira que les sociétés se forment parce que les Hommes veulent se soumettre à un souverain absolu et ces sociétés se maintiennent parce que le souverain les empêche de se dissoudre et c’est la soumission à cette souveraineté qui fait le lien social. Cette soumission est incorporée et n’apparaît plus comme soumission.

 

  1. John LOCKE (1632-1704).

Le droit naturel par excellence est la propriété, sa propre survie, mais aussi la vie des siens. Le contrat va légiférer la société et garantir le droit de propriété. Apparait le libéralisme politique qui inspira le politique américaine. Chez Locke, la finalité du contrat est de sauvegarder la liberté individuelle et la notion de propriété car pour lui ce sont des droits naturels. Il formule sa théorie du contrat dans un ouvrage intitulé le Second Traité du Gouvernement Civil qui date de 1790. Dans cet ouvrage, contrairement à Hobbes, l’état de nature est un état pacifique. C’est un état dans lequel l’Homme se trouve en tant qu’Homme et non en tant que membre d’une société. Aucun Homme n’est soumis à personne. Il n’a pas assujetti à la volonté arbitraire d’un autre et n’est pas obligé de respecter une loi créée par un souverain. Chaque individu jouit donc de la liberté individuelle. M’état de nature est « un état de parfaite liberté […] les Hommes peuvent disposer de leurs biens et d’eux-mêmes à condition de rester dans les bornes des règles de la Nature ». L’état de nature n’est pas un état de dérèglement moral. Les Hommes ne peuvent donc pas faire tout ce qu’ils désirent car la Raison leur impose certaines règles telles que la conservation de leur propre vie. La Raison leur impose aussi de respecter la vie, la liberté et les biens d’autrui car il est nécessaire à la conservation du genre humain de respecter tout cela. La Raison impose enfin à l’Homme de s’efforcer à mener une vie paisible, sans violence, sauf pour se défendre et défendre autrui, la violence est donc légitime. La liberté n’est donc pas totale à l’état de nature comme elle l’était chez Hobbes. La vision du genre humain de Locke est beaucoup plus optimiste. A l’état de nature, l’Homme est déjà moral parce qu’il est doué de raison, c’est un être pensant et intelligent. L’Homme a une conscience et c’est ce qui le différencie de l’animal. L’Homme a conscience de ce qu’il est et Locke dit « qu’il est impossible à quelqu’un de percevoir sans aussi percevoir qu’il perçoit ».

Pourquoi donc quitter l’état de nature où l’Homme est déjà moral ?

  • Car rien ne garantie à l’Homme que tous respecteront la loi naturelle.

Le passage à l’état social se caractérise par la garantie du droit naturel, c’est-à-dire la garantie de la liberté individuelle et de la propriété. Disposer de ses biens et de sa personne est un droit naturel, à condition de ne pas entraver la liberté des autres. L’obligation morale dans le passage à l’état social devient une obligation légale. Il n’y aura plus besoin de violence car il y aura une sanction si l’on ne respecte pas les libertés individuelles et la propriété privée.

Sur le plan politique, Locke souhaite la mise en place d’un gouvernement civil qui a pour mission de sauvegarder la liberté de chacun. Le pouvoir politique ne doit donc pas imposer une religion d’Etat. Il doit intervenir au minimum car il est juste là pour veiller aux droits naturels de chacun. Le rôle du pouvoir politique est limité. Hobbes propose la séparation des pouvoirs politiques et distingue le pouvoir exécutif du pouvoir législatif et du pouvoir fédéral. Il hiérarchise ces pouvoirs pour contrôler l’exercice du pouvoir et éviter le despotisme. Le peuple se soumet à tout de même le devoir de résister à tous excès, il a le droit de résistance. Locke critique toute forme d’absolutisme et se place comme le père fondateur du libéralisme politique. Personne n’est au dessus de la loi, pas même le souverain.

Le contrat social est là pour garantir l’état de nature et non pour rompre avec lui.

 

  1. Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778).

Du Contrat Social traite de l’origine de l’inégalité des peuples.

Il n’est pas du tout d’accord sur la définition d’Hobbes à propos de l’état de nature. L’Homme à état de nature est sans vices. Les sauvages ne sont pas méchants parce qu’ils ne savent pas ce qu’est être bon. La représentation de l’état de nature est donc état d’innocence, sans réflexion ni préoccupation. La connaissance de la mort lui est étrangère. L’Homme ne vit que dans la satisfaction de ses besoins présents. Sa condition est un parfait équilibre entre ses besoins et ses ressources. Comment éprouver le manque de ce qu’on n’a jamais eu idée ? Les sentiments originels de l’Homme sont la pitié, sentiment inné et universel. L’Homme est plus enclin à sa survie qu’à faire du mal aux autres. L’état de nature est un état anarchique pacifique.

A partir cet état de nature originel, Rousseau décrit plusieurs étapes pour arriver à l’état civil :

-          Etat de nature originel

-          Etat « sauvage » qui correspond à l’état où l’Homme fait des outils pour évoluer

-          Etat de guerre

-          Etat despotique = faux contrat

-          Nouveau contrat = Etat Civil

Le contrat social est un pacte d’association et de soumission. Mais l’on se soumet à la volonté générale donc on reste égaux et libres.

 

Etat de nature :

-          Guerre contre tous pour Hobbes

-          Droits et loi naturels pour Locke

-          « innocence » pour Rousseau

Logique du contrat :

-          Sécuritaire pour Hobbes

-          Libérale pour Locke

-          Démocratique pour Rousseau

Valeurs :

-          La paix/la vie pour Hobbes

-          Liberté/propriété pour Locke

-          Egalité/volonté générale pour Rousseau

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